Plus de 20 modèles économiques pour les réseaux sociaux

02 mars 2010  |  simpliville

La lecture du livre de David Silver : “The Social Network Business Plan, 18 Strategies That Will Create Great Wealth” (Wiley) est une source d’inspiration, sinon de motivation pour tout entrepreneur dans les réseaux sociaux.

Je propose ici de reprendre certains de ses modèles et d’en rajouter d’autres qui pourront, je l’espère, paraître autant d’intérêt. La vertu des livres ne doit-elle pas être en partie de servir de tremplin d’idées ?

L’auteur a une prédilection pour les communautés de recommandations qu’il voit comme un levier envers d’autres forces économiques. Il recommande en particulier en introduction de ne pas faire de publicité auprès des membres d’une telle communauté. Cela réduit son autonomie d’action, et cela rend la poursuite des autres modèles d’autant plus cruciale.

David Silver réussit un livre captivant du début jusqu‘à la fin par un ton direct, imagé et qui fait appel à de nombreux exemples de modèles qui ne sont pas issus du web, pour la plupart.

Concentrons-nous sur les modèles économiques qu’il propose (signalés par *) et d’autres que nous pouvons imaginer ensemble.

Les Frais de Souscription*

Nous voici d’emblée dans le débat qui fait rage. Doit-on faire payer les utilisateurs d’Internet pour les services qu’on leur propose ? Ils sont habitués à la gratuité et rien ne peut assurer l’entrepreneur qu’un concurrent n‘émerge pas rapidement pour proposer le même service sans frais.
L’auteur indique bien dès le départ qu’un entrepreneur est là pour “atténuer des douleurs”. Une exécution impeccable du service peut alors justifier de le payer.
La question serait plutôt de “décider” l’utilisateur à payer. Et s’il existe là encore des différences culturelles, il y a aussi des sujets qui ont une valeur plus importante pour les individus (la santé ...) que d’autres (le jardinage…).

Le Freemium

Il existe des modalités permettant des revenus incidents. Le freemium en fait partie, qui n’est pas abordé par D. Silver. Il s’agit de proposer une partie gratuite (free) et de faire payer une autre.

Abonnements de petits montants

Dix années passées chez un spécialiste de la fidélisation client (15 millions de membres) m’ont appris une seule chose : la vertu fidélisante des abonnements de petits montants. Il vaut mieux prélever un montant de 3€ à 4€ par mois que demander un paiement annuel de 36€ à 48€. L’effet psychologique est bien différent, jusqu‘à se faire oublier pour le premier. Et quand il s’agit de renouveler une souscription qui paraissait attrayante un an auparavant à 48€, on hésite, on remet et on ne le fait pas.

Tout-en-un

Comme le fournisseur d’accès Free, justement, il s’agit d’avoir un seul prix. La stratégie de Free est totalement disruptive en ce sens que la société fournit toujours plus de services en restant toujours au même tarif. Elle est passé de la connexion en mode RTC, à l’ADSL et maintenant à la Fibre Optique toujours au même prix de 29€ par mois (incluant le modem-routeur et le récepteur TV). Des dizaines de services se sont accumulés parmi les plus importants (téléphonie, télévision) sans surcout pour les abonnés. On attend avec impatience la téléphonie mobile.
Leur avantage est clair pour ceux qui l’ont suivie : la simplicité. Pour les clients d’une part et pour eux-même en terme de back office.
Une communauté en ligne doit à notre avis offrir toujours plus de services à ses membres de sorte qu’il y ait toujours des nouveautés et toujours plus de raisons de se connecter. Ces applications supplémentaires au service de base gratuit devront favoriser au maximum les échanges et les contenus entre membres, faisant vivre ainsi la communauté.

Pourboires*

Pourquoi ne pas laisser les Internautes payer légèrement les membres pour un service, ou un contenu qu’ils apprécient particulièrement. Le terme est déprécié chez nous et on peut lui préférer celui de paiement à la bonne volonté de chacun.

Frais de modération*

Il s’agit de rémunérer l’auto-discipline entre membres, le fait de “remettre dans le rang” les contrevenants à la charte de la communauté. la nouvelle serait apportée dans une newsletter payante.

Hacher menu les conversations*

Le data mining permet aujourd’hui d’analyser les informations. Il s’agit de les revendre agrégées à des entreprises à la recherche des besoins de leurs clients potentiels.
Aucune donnée personnelle ne serait utilisée, seulement celles venant de la compilation selon différents profils extraits au fur et mesure des demandes de ces grandes entreprises qui s’adressent aux consommateurs (comme on les appelle encore).

Porter la communauté sur téléphones mobiles*

Le modèle de revenus américain qui pénalise ceux qui reçoivent des appels ne s’applique pas. Il est très difficile en France de négocier auprès des opérateurs (pour le moment, alors que la quatrième licence mobile vient seulement d‘être attribuée à Free) parce qu’une sorte de cartel fait qu’ils se sentent forts pour ne pas partager l’airtime consommé grâce aux applications des éditeurs de services (ils ont déjà été jugés et condamnés pour former un cartel, il ne s’agit donc pas de diffamation). Par contre, il est possible pour les éditeurs de vendre leur applications (iTunes d’Apple) ou de capter une partie des prix des SMS (surtaxés).

Monnaie virtuelle*

C’est un sujet délicat et je ne sais pas si en France, la législation laisserait un “Deuxième Vie” créer des LindenEuros comme aux États-Unis des LindenDollars ? On sait déjà que les SEL (Systèmes d’Echanges Locaux, importés du Canada) sont assez mal fu par le fisc.
En tout cas, fort de plusieurs millions d’utilisateurs et d’une bonne équipe d’avocats, la mise en place d’une telle monnaie renforcerait les échanges en ligne et aussi de proximité. Votre startup pourrait capter un pourcentage au moment du change et au moment du rechargement des comptes.

Lauriers — Gloire*

Un peu comme les pourboires cette récompense décore un membre pour un acte particulièrement bénéfique à la communauté. Elle se concrétise par un don en monnaie virtuelle par d’autres membres et cela fait circuler votre monnaie à l’intérieur de la communauté. Ces récompenses se distinguent des pourboires dans le sens où elles sont inattendues et renforcent ainsi l’image positive de la communauté.

Autres modèles à étoffer

Foires et Salons*

...entre membres

Sceau d’approbation*

La communauté valide des produits, des marques… (the J.D. Powers business Model)

La chaîne de télévision*

Si vos contenus peuvent passer sur la TV…

Recommandation des commerces locaux*

Les membres notent leurs commerçants…

Monter une association*

Une carte de crédit*

Mais avec un angle local…

Objets virtuels

Pour améliorer son apparence dans la communauté

Offrir des cadeaux virtuels

Cf FB.

Publicité par les membres

Voir CurrentTV (current.com) (video, sponsorisée par… tel annonceur)

afficher les commerces

Faire payer les commerces locaux pour présence en ligne sur des cartes représentant la communauté.

Carte de fidélité

à la marque de la communauté. Faire payer 1 à 2% de CA aux marques.

Organiser des prêts

Entre membres de la communauté. Faire payer un droit d’inscription aux emprunteurs et aux prêteurs. Retenir un % sur les remboursements, sur le capital prêté.

Carte de crédit brandée communauté

Monter une Gazelle

Capital risque de proximité.

Créer des boutiques virtuelles

Organiser des enchères

avec une pondération positive pour les membres actifs ? pour les membres proches ?

Marketing direct

(inmail)

Computing power

des ordinateurs de la communauté.

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle mérite aussi d‘être explicitée, ce que je me promets de faire prochainement. Abonnez vous ci-dessous pour avoir les notifications des mises à jour. Et n’hésitez pas à participer.